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La Tour Eiffel fermée en raison des pickpockets
- Par lefigaro.fr
Le monument parisien est depuis plusieurs années le terrain de jeu de nombreux pickpockets. Exaspérés, les employés ont exercé vendredi leur droit de retrait. Après sept heures de fermeture, la tour a finalement rouvert en milieu d'après-midi.
Le vol à la tire semble être devenu monnaie courante aux pieds et dans les différents étages de la Tour Eiffel. Face à la recrudescence des pickpockets, menaçant touristes et personnels, une quarantaine de salariés ont décidé d'exercer leur droit de retrait, vendredi. Ainsi, la Tour Eiffel, l'un des monuments les plus visités au monde, n'a pas ouvert ses portes au public aux premières heures de la journée.
Le monument est resté fermé jusqu'en fin d'après-midi, avant de rouvrir aux environs de 16h30. La Société d'exploitation de la Tour Eiffel (SETE), en charge de la gestion du monument, s'est «réjouit du retour à la normale», après près de sept heures de blocage.
Un agent d'accueil a confirmé à l'AFP la réouverture de la Tour Eiffel. «Des choses ont été mises en place» avec la direction, permettant la reprise du travail, a-t-il ajouté, sans plus de détails. Néanmoins, il n'y a «rien de définitif», «on fera un point dans quelques jours» pour voir si des solutions pérennes et satisfaisantes sont trouvées, a-t-il prévenu.
En début de journée, les salariés avaient expliqué dans un communiqué qu'une «majorité d'entre eux» avaient choisi de faire valoir leur droit de retrait «suite à plusieurs agressions et menaces» proférées par les pickpockets. Le droit du travail permet aux salariés d'invoquer leur droit de retrait s'ils estiment encourir un «danger grave et imminent» pour leur vie ou leur santé. La SETE avait déploré la situation, regrettant «que les visiteurs déjà présents sur le parvis soient pénalisés». De premières discussions avec la direction n'avaient pas permis d'obtenir «de grosses avancées», le monument était donc resté fermé.
Des menaces personnelles
Les pickpockets «montent en bande de 4 ou 5 personnes. Parfois il peut y en avoir une trentaine» sur le monument, a raconté à l'AFP une salariée. Elle a fait part «d'agressions verbales et de menaces envers les salariés d'accueil et les agents de sécurité». Un autre salarié, agent d'accueil, a expliqué avoir été menacé par un pickpocket qu'il évacuait de la Tour. «Il m'a dit “pourquoi tu ne nous laisses pas travailler? On t'a déjà vu partir de la Tour. Si ça continue, tu auras des problèmes”», témoigne-t-il.
Les salariés disent vouloir obtenir des «garanties formelles de la part de la direction afin que des mesures pérennes et efficaces soient prises». La direction «est plutôt dans la position d'informer les visiteurs (de la présence de pickpockets, ndlr) pour se déculpabiliser mais manque de détermination», a estimé l'agent d'accueil. «Quand le patronat veut surveiller ses salariés, il met des clients mystères. Pourquoi n'y aurait-il pas des touristes mystères, asiatiques? Ce serait très facile de prendre les pickpockets en flagrant délit», a-t-il ajouté.
La direction assure pour sa part être «engagée dans une coopération active et durable avec la préfecture de police qui a conduit au renforcement continu des mesures visant à garantir la sécurité du personnel et du public».
Un événement similaire était
survenu au musée du Louvre,
en 2013. Les agents de surveillance, exaspérés devant les bandes de pickpockets, avaient également exercé leur droit de retrait.
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